Point sur le virus ZIKA

16.04.2016

 

Bien qu’il existe un grand nombre de preuves circonstancielles concernant les séquelles pathologiques de l’infection à virus Zika, des lacunes considérables et cruciales dans les connaissances subsistent. Combler ces lacunes le plus rapidement possible est essentiel pour freiner la propagation du virus et, ce qui est plus important, limiter son impact sur la santé publique. Une collaboration et une coopération internationales en sont la clé. 

Entre la découverte du virus en 1947, et 2007, seuls 14 cas confirmés d’infection à virus Zika chez l’homme ont été documentés. À compter du 3 mars de cette année, 52 pays et territoires avaient rapporté une transmission locale du virus (41 depuis janvier 2015 seulement). Des cas importés ont été signalés dans toutes les régions du globe. Comme l’été approche dans l’hémisphère nord, une nouvelle flambée du nombre de cas est prévue.  

Pourtant, même à ce stade de l’épidémie, la prévalence réelle de l’infection à virus Zika est inconnue, tout comme l’ampleur de la relation entre le virus et les troubles neurologiques.  

On estime que 1,5 million de personnes ont été infectées au Brésil depuis le début de l’épidémie en avril 2015. Plus de 5 900 cas de microcéphalie ont été rapportés, mais seuls 1 687 ont été étudiés, et 82 cas uniquement ont été officiellement associés au virus Zika. La Colombie pourrait donner une indication plus précise de la prévalence des microcéphalies liées au virus Zika. Le pays a mis en place un programme national de surveillance dès le signalement des premiers cas en septembre dernier. Les chiffres issus de la Colombie révéleront si nous faisons face à une autre crise de santé publique identique à celle de la rubéole. 

Des rapports de cas sporadiques de syndrome de Guillain-Barré et de myélite aiguë associés au virus Zika ont été rapportés, et l’on sait que 14 industries pharmaceutiques différentes sont impliquées dans le développement d’un vaccin. Mais ces progrès restent désordonnés et isolés.  

Si nous voulons éviter les critiques formulées par la communauté de recherche internationale et par les agences de veille sanitaire suite à l’épidémie du virus Ebola, une collaboration et coopération internationales doivent être une priorité. Une harmonisation des mesures de surveillance et un partage central des informations sont désormais vitaux. Si le projet Génome humain nous a enseigné une chose, c’est bien qu’un partenariat aboutit à des résultats tangibles en très peu de temps. Et s’il est une situation dans laquelle des résultats concrets et immédiats sont nécessaires, c’est bien l’épidémie du virus Zika.

 

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